La svastika de Guernica?

Publié le par ARNAUD LARAIE

L'art a de magnifique qu'il nous propose de contempler de manière souvent originale, toujours personnelle, et parfois surprenante ce que nous connaissons de la réalité, surtout quand l'on croit cette dernière définie et définitive.

Je vais donc profiter de ce mois de mars plutôt routinier pour présenter une vision nouvelle, il me semble, du tableau Guernica qui m'est née d'une observation de ce chef d'oeuvre lors de la visite du musée de la reine Sofia à Madrid en 2004.
Comme depuis je n'ai rencontré personne qui ait partagé cette vision de l'oeuvre, je me dis qu'il ne coûte rien d'évoquer cela sur le blog, ne serait-ce que pour avoir un éventuel retour et d'autres avis... on a tous besoin de savoir qu'on n'est pas seul et complètement fou, n'est ce pas!

Pour les non-amateurs, il convient tout d'abord de rappeler le contexte de l'oeuvre qui a été réalisée en 1937 suite au premier bombardement d'une ville espagnole (vous m'arretez si je me trompe) par les alliés de Franco, à savoir l'armée Nationale-Socialiste allemande, communément appelée Nazie.

(Capitale religieuse historique du pays Basque espagnol, elle est particulièrement célèbre pour sa destruction, le 26 avril 1937, par les aviateurs de la légion Condor, envoyée par Hitler au secours du général Franco.

Ce premier bombardement terroriste de l'histoire a choqué et inspiré de nombreux artistes : Guernica est également le nom d'un des plus célèbres tableaux de Pablo Picasso...)

Voilà donc en miniature cette oeuvre à double titre magistrale, tant les dimensions en sont impressionnantes (plus de 3 mètres de haut, plusieurs metres de long) , ainsi que la proposition d'analyse de wikipedia:

Guernica est d'une taille imposante (3,5 m x 7,8 m). C'est une peinture à l'huile, en noir et blanc. Elle représente une scène de violence, de douleur, de mort et d'impuissance dont la cause n'est pas représentée. «  La peinture n'est pas faite pour décorer les appartements, c'est un instrument de guerre, offensif et défensif, contre l'ennemi.  »[1]

Le choix du noir et blanc évoque les photos de guerre. Picasso était en France quand il a appris par la presse le massacre.

La figure centrale du tableau est un cheval blessé, traversé par une lance. À gauche, une femme porte son enfant mort et hurle de douleur. Derrière elle, un taureau, impassible, image de la cruauté et de la force brutale. À droite du tableau, trois femmes désarticulées pleurent ou hurlent dont le personnage de la mère qui reprend le thème du Massacre des innocents de Nicolas Poussin. En fond de tableau, des formes géométriques sombres évoquent des immeubles effondrés. En bas, une tête d'homme et un bras coupé tient une épée brisée. Seule minuscule trace d'espoir, une main porte une toute petite fleur.






L'élément déclencheur de mon obervation provient de cette imposante partie anormalement linéaire et blanche(ou vide) dans la partie centrale supérieure du tableau, quand partout aileurs le tableau regorge de détails fins et plus nuancés.
je considère pour ma part que loin d'être du vide (ou un simple faisceau de lumière....), cette angle ainsi composé (surligné en noir) constitue une branche, ou première partie-clé d'une structure globale....




Cette dite-structure prend forme quand on réalise une symétrie centrale avec un deuxième angle (ou branche) qui vient se constituer par le bras tranché tenant un poignard, lui aussi étonnament de couleur claire,établissant ainsi une deuxième branche, chargée de sens pour le coup!
Un axe que je trouve assez distinct est donc formé.




La suite relève quand à elle de l'implicite, certains diront de l'interprétation, mais elle parait évidente à la connaissance du contexte du tableau et de ce toublant axe ainsi constitué en plein centre de l'oeuvre.
Et puis ce serait tellement moins passionnant si tout était trop évident...
Suivant la logique symétrique ainsi déterminée, il n'est pas impossible de considérer que cette extrêmité de bâton ou lance, elle aussi particulièrement pâle se dréssant (allez savoir pourquoi...) peut constituer une troisième branche . Le cou du cheval pouvant également jouer ce rôle, ce qui ne serait pas étonnant au vu de la violence que dégage cet animal dans le tableau.





A ceux pour qui la structure déja composée n'évoque encore rien, je propose de poursuivre la même logique symétrique et de retenir la jambe de cet effrayant cheval, allégorie de la tyrannie nazie galopante, comme dernière branche, le mollet dechiqueté d'une victime pouvant lui aussi jouer ce rôle morbide.

Si ces quatres branches peuvent être analysées, l'une indépendemment de l'autre, de manière différente, la structure qui prend donc forme en les combinant ne peut  que difficilement être considéreee comme une coïcidence, surtout sous le pinceau du maître...



Alors, quand j'ai demandé ce que représentait ce chef d'oeuvre de Picasso, on m'a souvent répondu "Elle représente une scène de violence, de douleur, de mort et d'impuissance dont la cause n'est pas représentée".

Explication un peu top convenue à mon goût...


Je crois au contraire que le maître Picasso n'a que trop bien représenté et dénoncé la cause de ce massacre de Guernica, à savoir la croix gammée symbolisant déja à l'époque (1937) le parti nazi et son aviation responsable de ce carnage, ou quand la croix et la tyrannie ne font qu'un dans un rendez-vous unique peint sur toile. Ou quand la croix gammée représente l'horreur autant que l'horreur représente la croix gammée...

 

Horreur qui devait malheureusement en appeler bien d'autres.

J'admets aussi que depuis, cette croix se soit chargée d'une valeur symbolique hautement taboo, à juste titre, qui puisse empêcher ou nier une telle lecture.

J'attends vos réactions, ou autres avis d'experts.



Quand les riches se font la guerre, ce sont les pauvres qui meurent.
Sartre (Jean-Paul)

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